Le député libéral Francis Scarpaleggia a été élevé à l’un des postes les plus prestigieux du Parlement, obtenant le rôle de président de la Chambre des communes lors d’un vote qui souligne sa réputation de voix stable et non partisane dans la politique canadienne.
Le représentant de longue date de la circonscription montréalaise de Lac-Saint-Louis est sorti victorieux lundi après-midi après que ses collègues députés ont déposé leurs bulletins de vote préférentiel lors d’un scrutin secret. Scarpaleggia, élu pour la première fois en 2004, apporte plus de deux décennies d’expérience parlementaire au fauteuil du président.
« Je m’engage à maintenir la dignité et le décorum que mérite cette chambre, » a déclaré Scarpaleggia aux députés lors de sa première allocution depuis le fauteuil du président. « Ma porte sera toujours ouverte aux députés de tous les partis alors que nous travaillons ensemble pour renforcer nos institutions démocratiques. »
Le premier ministre Justin Trudeau a félicité Scarpaleggia, soulignant son « approche mesurée et son profond respect pour la tradition parlementaire » comme des qualités qui le positionnaient comme un candidat idéal pour ce rôle. Le chef conservateur Pierre Poilievre a également présenté ses félicitations, notant qu’un « traitement équitable de tous les députés, indépendamment de leur affiliation politique » serait essentiel dans la session à venir.
L’élection du président survient à un moment particulièrement litigieux de la politique canadienne. Les récents sondages Léger montrent que les conservateurs maintiennent une avance de 10 points sur les libéraux à l’échelle nationale, tandis que le NPD reste stable à 18 pour cent. Ces chiffres ont intensifié les tensions partisanes, rendant la réputation d’équité de Scarpaleggia particulièrement précieuse.
La carrière de Scarpaleggia a été marquée par son dévouement aux questions environnementales, notamment la conservation de l’eau. En tant que président du caucus libéral national de 2011 à 2021, il s’est forgé une réputation pour rassembler des points de vue divers – une expérience que de nombreux collègues ont citée comme cruciale pour le rôle de président.
« Francis a toujours été quelqu’un qui écoute plus qu’il ne parle, » a remarqué le député néo-démocrate Alexandre Boulerice. « Dans cet environnement polarisé, nous avons besoin de quelqu’un qui peut vraiment entendre tous les côtés. »
Le poste de président comporte d’importantes responsabilités au-delà de la présidence des débats. Le rôle comprend la supervision administrative de la Chambre des communes, y compris un budget dépassant 500 millions de dollars et la supervision d’environ 2 000 employés. Le poste comprend également des fonctions diplomatiques, représentant le Parlement dans les relations avec d’autres législatures du monde entier.
Le vote marque un changement important dans la direction de la Chambre après la démission d’Anthony Rota l’année dernière suite à une controverse concernant la reconnaissance d’un vétéran ukrainien qui avait servi dans une unité militaire nazie. Carol Hughes avait assuré l’intérim depuis l’incident.
Lors d’une récente entrevue à la Radio de Radio-Canada, Scarpaleggia a souligné son engagement à restaurer la confiance du public dans le Parlement. « Les Canadiens méritent de voir leurs représentants engagés dans un débat de fond, pas dans des numéros partisans, » a-t-il déclaré. « Le président doit créer un environnement où de véritables discussions politiques peuvent s’épanouir. »
L’élection de Scarpaleggia a été généralement bien accueillie par tous les partis. Le professeur Emmett Macfarlane, expert constitutionnel à l’Université de Waterloo, a noté que « avoir quelqu’un avec la mémoire institutionnelle et le tempérament de Scarpaleggia est particulièrement précieux à ce stade de la politique canadienne. »
Le nouveau président fait face à des défis immédiats. La Colline du Parlement a été témoin d’échanges de plus en plus houleux alors que le gouvernement s’efforce de faire avancer son programme législatif avant les prochaines élections, prévues d’ici octobre 2025. L’abordabilité du logement, l’inflation et le financement des soins de santé restent des questions litigieuses qui mettront à l’épreuve la capacité de Scarpaleggia à maintenir l’ordre.
L’ancien président Peter Milliken, qui a occupé le poste de 2001 à 2011, a offert une perspective dans une déclaration au Globe and Mail : « Le travail du président est devenu plus difficile à mesure que les divisions partisanes se sont approfondies. Francis devra établir son autorité rapidement tout en maintenant le respect des députés de tous les partis. »
Selon la tradition parlementaire, Scarpaleggia a été symboliquement « traîné » vers le fauteuil du président par le premier ministre et le chef de l’opposition – une coutume séculaire symbolisant la réticence historique du président à assumer un rôle qui comportait autrefois un danger considérable.
Dans sa première décision depuis le fauteuil, Scarpaleggia a appelé à un moment de collaboration. « Bien que nous puissions être en profond désaccord sur les politiques, je demande à tous les députés de se rappeler que les Canadiens s’attendent à ce que nous soyons en désaccord avec dignité, » a-t-il déclaré. « Le monde observe comment nous nous comportons dans cette chambre. »
Selon le site Web du Parlement du Canada, le président gagne un supplément de 87 200 $ en plus du salaire de base de député de 189 500 $, reflétant les responsabilités et la charge de travail supplémentaires du poste.
L’élection marque une autre étape importante dans la carrière de Scarpaleggia, qui a commencé lorsqu’il travaillait comme assistant de son prédécesseur, Clifford Lincoln. Sa compréhension approfondie de la procédure parlementaire, combinée à sa réputation d’équité, a finalement convaincu ses collègues de lui confier le maintien de l’ordre dans le forum démocratique le plus important du Canada.